BOX OFFICE : MARGUERITE

En campant une baronne excentrique Catherine Frot nous met au devant d’une interrogation, la passion est-elle vecteur de talent ? Indéniablement le personnage de Marguerite est une femme de passion. Accumulant les objets saugrenus, les costumes flamboyants et les partitions les plus frisées, la baronne Dumont est passionnée. Pourtant lorsqu’elle laisse échapper une note elle sonne continuellement faux. Car finalement le talent est une chose bien mystérieuse, et toute la passion du monde ne peut acheter le talent. Alors que faire quand la passion nous dévore ? Quand le regard de l’autre n’est plus ? Quand la solitude est omniprésente ?

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C’est autant et plus encore de questions que nous pose Xavier Giannoli avec Marguerite. Car en dessous du rire que provoque son chant, c’est un film bien plus subtile que nous offre le réalisateur. Il dissèque avec sens et conviction une époque, une femme, un mariage, une passion. Marguerite c’est tout cela à la fois. Il y a bien sur le rire, le rire quand elle se lance à corps perdue dans un morceau classique aux résonances discordantes. Le rire quand la baronne enfile les nombreux costumes qu’elle a pu acheter. Le rire encore lorsque intervient le personnage haut en couleur et caractère de Michel Fau.

Puis quand le rire s’estompe, il y a la réalité. La honte, d’un mari. La moquerie, d’une jeunesse anarchique. La solitude, d’une femme. Car si Marguerite es aussi excentrique, aussi lunaire c’est qu’elle est seule, terriblement seule. Dans ce château, perdue dans le luxe de son argent, la baronne est une femme en mal d’amour. Lui, il n’éprouve que honte, embarras vis à vis de cette épouse. Avant le chant, avant les mœurs d’une époque, avant cette envie de révolte, avant tout cela Marguerite c’est un film sur un mariage. Un mariage qui n’est que de convenance, un mariage qui s’effrite dans l’amertume, une femme qui ne veut qu’une chose le regard de son époux et d’ailleurs quand celui ci le pose enfin la note devient juste. Mais Marguerite c’est aussi cette jeunesse, porte drapeau des convictions nouvelles, remettant en cause les codes propres à l’art. L’art doit-il être beau ? Et si dans cette cacophonie émaner une certaine idée de l’art ?

La subtilité du propos est magnifié par des acteurs impeccable. Catherine Frot, superbe, démontrant si il le fallait qu’elle est l’une des meilleures. André Marcon offrant mille et une facette à cet homme méprisant et pourtant amoureux. Puis Michel Fau déja évoqué, jouant une ancienne idole de l’opéra désopilant lors d’une scène ou il découvre la faux désastreuse de la diva. Puis la jeune génération incarnée par Sylvain Dieuaide.

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Ainsi et pour ne dire que cela, la cacophonie de ses interprétations n’a d’égale que son excentricité car la Diva est une discordance dans un art ou la justesse est reine.

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