FOCUS : Sofia Coppola

Si le prénom Sofia ne vous inspire rien. Le nom Coppola nous ramène au père. Francis Ford Coppola. Un monstre du cinéma. Le Parrain, Dracula, Apocalypse Now, Coup de cœur. L’homme s’est fondu dans le succès, il a marqué les esprits et lorsque Sofia fait ses premiers pas, pour beaucoup elle n’est que la fille de profitant du glorieux nom de son paternel. Quelle erreur.

untitled-article-1433217595

En 1999, elle pose son regard sur une Kristen Dunst faisant figure de muse, et sur une adolescence qui lui collera à la peau. Virgin Suicides, un sublime poème ou chaque image est une rime, ou chaque regard trahi le spleen palpable de ses jeunes filles enfermées dans leurs propres existences, ou chaque geste semble les rapprochent de cette issue fatale. L’émotion foudroie, la peinture de la banlieue américaine est sans appel, saisissante, mélancolique, teinté d’une culture pop qu’elle affectionne, Sofia prend sa liberté, elle la gagne et emporte avec elle les doutes  et les critiques.

Avec Lost In Translation, elle tutoie les sommets, l’adolescence disparaît mais la mélancolie est toujours manifeste. Cette fois ci elle narre la solitude dans cette ville épileptique ou les rencontres ne semblent être qu’éphémère.  Faisant office de petit chef d’œuvre dans sa courte filmographie, Lost In Translation offre à Bill Murray l’un de ses plus beaux rôles, comme si Sofia l’avait sublimé. Que dire de la jeune Scarlett Johanson, ce visage adolescent dans ce corps de jeune femme, elle est magnétique mais on le savait déjà, talentueuse mais on le savait aussi.

En 2005 l’amour est mis à l’épreuve, les critiques sont moins enthousiaste pourtant mon amour lui est toujours aussi fort. Marie-Antoinette, quel autre personnage historique représenterai l’essence du cinéma de Sofia Coppola ? Personne. Celle qui fut reine bien trop tôt. Mélancolique de sa patrie natale. Délaisser par un homme qui peine à s’attacher à elle. Esseulé dans un monde d’adulte ne pardonnant aucun faux pas. Sous nos yeux Sofia nous attire dans les méandres délicieux du luxe, de cette jeunesse frivole qui se cherche, se découvre, se perd et s’abîme. La réalisatrice ose, elle ose les anachronismes, les morceaux new wave entre-melé de Vivaldi. Elle ose trop ?

Lorsque Somewhere débarque, il y a le sentiment de voir Coppola narrer sa propre relation avec son père. Le film détonne, il trouble, jamais Sofia n’aura autant poussé ses thèmes. Le silence prend de la place, les dialogues se fane, la mélancolie sue, la subtilité est sans pareil. Pourtant, les critiques s’accumulent, les fans sont désorienté. Mais si le cru 2010 laisse de côté bon nombres de spectateur, il est indéniablement son œuvre la plus profonde, la moins accessible, pourtant comme disait Flaubert « les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière »

Renaître de ces cendres ? La question aurait pu se poser. Mais Sofia avait certes déçu mais le désamour n’était pas total. Malheureusement plus encore que Somewhere, The Bling Ring divisa. L’adolescence était au centre. La mélancolie plus si présente. Il est vrai  que ce gang amené par une Emma Waston sidérante est bien loin des héroïnes de Virgin Suicides. Ici, Sofia s’implante dans une époque ou la poésie s’estompe, ou la superficialité est reine. Les stars les moins subtiles fascinent, le luxe est un écrin dans lequel tout le monde veut se perdre. Alors oui, les douces variantes de la mélancolie se sont fondue dans un goût pour le paraître. La B.O se fait plus urbaine. L’image nous apparaît émaner de la superficialité ambiante. Pourtant The Bling Ring m’a séduit, il ne m’a emporté, mais il a su me séduire. Peut-être parce que cette superficialité, cette fascination pour le luxe était déjà évoqué dans le Marie-Antoinette de 2006. Alors que faut-il encore espérer ?

marie_antoinette_screen2_large

Sofia est jeune, son cinéma est jeune, elle a su frapper si fort dés le début, que la déception n’est pas si étonnante. Je sais que j’attendrais avec impatience de la revoir derrière la caméra. Car la fille de est devenue bien plus que cela. Elle s’est forgé son identité, loin de celle de son père. Apres cela partait revoir les films, pour cela il faudra un temps pluvieux, une couette, un thé et juste vous laissez porter.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s