BOX OFFICE : JUSTE LA FIN DU MONDE

Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.

067381

Xavier Dolan est un réalisateur en pleine croissance. Depuis J’ai Tué Ma Mère en 2009, le jeune canadien n’a cesse de se ré-inventé, d’apprendre et faire mûrir son cinéma avec lui, c’est ainsi qu’après le très adolescent Les Amours Imaginaires, il frappe un grand coup avec Laurence Anyways avant de s’adonner au thriller quasi hitchcockien avec Tom A La Ferme. Puis 2014, la synthèse, Dolan prend tout ce qui le définit pour livrer Mommy. Testament d’une jeunesse, film coup de poing, renversant, fougueux, pop et maîtrisé c’est le sommet. Alors après tout ça, ou s’inscrit Juste La Fin Du Monde dans le cinéma de Dolan ? Nouveau sommet ? Nouvelle ère ? Nouveau Dolan ?

Indéniablement ce 6eme long-métrage est celui de la maturité. De son propre aveu, le cinéaste canadien définit son film comme le plus aboutit. Juste La Fin Du Monde ne possède pas la folie exubérante d’un Mommy, il est la preuve d’un nouveau cycle, d’une nouvelle ère mais pas d’un si nouveau Dolan.

En effet, le réalisateur reste attaché a ce qui fait sa réussite. Tout d’abord, une direction d’acteurs impeccable ! Xavier Dolan est connu pour pousser ses acteurs dans leurs retranchements pour en puiser le meilleur. Juste La Fin Du Monde n’échappe pas à la règle, il offre ainsi l’un des plus beaux rôles de Marion Cotillard qui traverse ce film grâce a la subtilité du regard. Léa Sédoux épate par la justesse de son jeu, alors que Vincent Cassel prouve encore et toujours son indéboulonnable talent  tout comme Nathalie Baye qui signe l’une des plus belles scènes du film face a un Gaspard Ulliel tout en fragilité. Cette osmose au sein du casting permet de délivrer toute la puissance du texte de Lagarce sans tombé dans le surplus des dialogues du théâtre.

Plus encore, le réalisateur garde une véritable patte visuelle, tout du moins dans certains moments du film. Les moments d’égarement du personnage de Gaspard Ulliel, ou celui ci se replonge dans les souvenirs. Deux passages marquants, le tube de O-Zone illustrant la sortie traditionnelle du dimanche et le souvenir du premier amour. Dans ces moments purement et simplement on est face à du Dolan. Pourtant le réalisateur mue, il se veut plus dépouiller, il travaille avec précision sa lumière qui fait ressortir une aridité sorte de métaphore de l’incompréhension. Plus encore, il débute son film sur un plan flou avec une mise au point sur Gaspard Ulliel, un flou synonyme de peur, peur de l’inconnu, de cette famille qu’il ne connaît plus, peur de sa propre mort certainement, peur du temps qui s’échappe autre grand effort de Dolan. Cette pendule omniprésente, le geste fébrile du personnage regardant sa montre, le temps, s’écoule, trop vite, car il manque, il a abîmé, il conduit a cette dernière scène, car, et ceci est purement personnel, le dernier quart de ce film je l’ai passé l’estomac noué face a l’inévitable.

Puis enfin, comme toujours Dolan mélange l’image à la musique. Cette fois ci c’est moins pop, en dehors du O-Zone et du morceau Natural Boys de Moby qui reverse le film, le réalisateur fait la part belle aux compositions musicales qui participe a l’ambiance, au trouble, qui vient poser des sensations sur les regards, crucial, car au delà des mots, des images, des axes de caméra, costume, musique c’est les regards qui sont au coeur de ce film. Car les mots peuvent mentir, le regard lui il trahit admirablement bien ce sentiment de mort, de poids, de mélancolie.

juste-la-fin-du-monde-photo-1

Ainsi, Au crépuscule d’une vie le temps manque, cruellement, la rancoeur persiste et dans ce chaos d’incompréhension, l’amour, comme une évidence !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s