TV SHOW : THE GOOD WIFE, PORTRAIT D’UNE FEMME

Aux États-Unis les séries américaines pourraient se diviser en deux catégories. La série du câble, exigeante, complexe et souvent sombre. Puis la série de network, grand public, visant l’efficacité et le divertissement. Dans cette catégorisation des genres il est rare qu’une série dite de câble se retrouve sur un network et inversement. The Good Wife apparaît alors comme l’exception qui confirme la règle.

THE GOOD WIFE

Lancée en 2009 sur CBS, le network des Experts, NCIS et autres procédural sans consistances, The Good Wife aurait pu n’être qu’une version judiciaire des séries policières qui font le succès de la chaine mais elle a su s’émanciper des carcans de son diffuseur pour proposer un drame judiciaire intense et inventif !

Tout commence par un scandale (tout finira d’ailleurs par un scandale), impliquant Peter Florrick le procureur de Chicago. Un scandale qui conjugue tout ce que l’Amérique adore, le sexe, La drogue et la politique. Par conséquent, cela expose sa famille mais Surtout sa femme Alicia Florrick. Faisant face à l’emprisonnement de son mari elle se voit contrainte de reprendre son métier d’avocate au sein du cabinet d’un ancien ami, Will Gardner.

C’est ainsi que la série va mener de front la carrière d’avocate d’Alicia et sa vie intime. Un épisode type de The Good Wife se scinde en deux blocs, une affaire judiciaire et un problème familial. Alors il est certain qu’avec 7 saisons la série a eu le temps de traiter un nombre assez conséquent d’affaires, et c’est la que l’inventivité des scénaristes se retrouve. En effet, ils ont su se renouveler en permanence et permettre aux spectateurs de connaître tous les rouages de la justice américaine. Car en plus des épisodes centré sur un procès, la série a pu s’offrir quelques écarts comme un épisode exclusivement centré sur les débats au sein d’un jury, ou la participation d’Alicia Florrick a un groupe d’expert ou bien encore un épisode tournant autour de la monnaie virtuelle bitcoin.

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Si la série nous offre une vision panoramique du système judiciaire, elle ne s’arrête pas la en exploitant le cabinet Lockhart & Gardner en proie a de nombreux rebondissements tout au long des années. La vie du cabinet offre ces moments de tension (crise financière, migration de certains avocats pour d’autres cabinets…) mais aussi des savoureux échanges entres avocats a l’ego sur-dimensionné. Car si le personnage principal reste Alicia Florrick, celle ci s’inscrit dans une galerie de personnages hauts en couleurs. C’est ce qui participe d’ailleurs au génie de la série, arriver a exploité un grand panel de personnages secondaires dont Will Gardner, ami et amant d’Alicia qui lui tend la main lorsqu’elle en a le plus besoin. Les deux développeront une relation ambiguë mêlé d’admiration.  Diane Lockhart grande amie de Will mais aussi une fan invétéré de Hillary Clinton, elle est la définition de la femme moderne, féroce, féministe, libérale, pourtant au fil des saisons elle sera confronté a une jeune concurrence plus sauvage encore. Puis n’oublions pas Kalinda Sharma, personnage énigmatique, jouant des codes établis de la société et cultivant un goût pour l’ambivalence elle sera l’un des personnages les plus complexe et fascinant de la série jusqu’à son départ quelque peu bâclée en saison 6.

En plus de ses personnages secondaires la série compte un nombre impressionnant de guest que cela soit Michael J.Fox en avocat atteint d’une maladie dont il aime abuser au cours d’un procés, Carrie Preston absolument hilarante dans le rôle d’une avocate lunaire ou encore Martha Plimpton avocate et grande ennemie du cabinet Lockhart & Gardner. Ceci n’est qu’un exemples de pléiade d’acteurs et actrices prêtant leurs traits a des clients, juges, avocats, politiques qui viendront apporter du piquant a chaque épisode.

Parallèlement à cela, Alicia Florrick doit faire face à une vie privée plutôt dense, entre les accusations envers son mari, les nombreuses questions de ses enfants et des réflexions sur sa propre place au sein de tout cela, les scénaristes ne jouent pas la facilité. Mais encore une fois tout cela sera géré avec minutie. Car plus qu’une série juridique, The Good Wife c’est le portrait d’une femme, une femme qui sous nos yeux va évoluer, commettre des erreurs, faire face au pire pour puiser une force, une détermination qui lui forgera un caractère bien trempés loin de ses débuts timides. Véritable pivot de l’histoire, Alicia Florrick  n’aura de cesse de prouver qu’elle est plus que juste une femme de, elle va s’émanciper, nourrir avec Peter une relation loin de tout cliché et offrant une véritable réflexion sur le mariage, l’amour et le devoir. C’est la que l’on touche le coeur même de la série, c’est la tout le travail des King a la tête de la série, envoyer valser les clichés de leurs propres titres pour offrir une véritable résurrection a la femme humilié !

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La série aura su viser juste au niveau de son casting en ayant un éventail d’acteurs et actrices talentueux pour porter cette série a commencer par Julianna Margulies mais aussi Archie Panjabi, Christine Baranski (qui aura droit a son spin off dans quelques mois), Josh Charles ou encore Alan Cumming !

Saison après saison la série n’aura de cesse de clamer son amour pour le risque et l’envie permanente de renouvellement ! Mêlent le judiciaire a la politique tout en s’immisçant encore plus dans le domaine privée, tout cela conduit a un point culminant, la saison 5. Véritable petit bijou, réinvention complète de la série qui en un seul épisode fait tout basculer ! Plus qu’un simple retournement scénaristique c’est une nouvelle série qui s’ouvrira pour le spectateur établissant clairement qu’aucun regard en arrière n’est possible, ces personnages sont la pour grandir et regarder droit devant les défis qui les attends. La saison 6 essayera avec plus de maladresse de se renouveler en mêlant Alicia a la politique pour le meilleur mais aussi le pire avant une saison 7 quelques peu décevante car manquant d’une direction claire. Mais cela ne retire en rien le parcours exemplaire de The Good Wife !

The Good Wife

En effet, durant 7 saisons la série aura prouvé qu’une série de network peut avoir l’exigence d’une série du câble. Elle s’adonnera au fil de son histoire a allé la ou on ne l’attendait pas, offrant une observation scrupuleuse du droit américain, une plongée au coeur de la politique mêlant au tous les dilemmes d’une vie intime chamboulé mais elle ne s’interdira pas quelques notes d’humour donnant a The Good Wife une ambiance unique et faisant d’elle la dernière grande série de network.

 

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